Le parcours

Né à Grenoble en 1968, Franck Roux grandit dans un petit village de Savoie. À seize ans, il quitte la montagne pour l'école des mousses, puis l'école de maistrance. L'armée ne le retient pas : il démissionne, passe son bac en candidat libre pendant son service militaire, et entame une première année de faculté. Mais le goût du large l'emporte. Il part seul, pendant sept mois, en Amérique du Sud.

Au Chili, il travaille dans un chantier naval qui construit un prototype de course. Il n'est pas marin, mais le chantier l'invite à naviguer. Il découvre alors qu'il ne souffre pas du mal de mer — une révélation. Il participe à sa première régate, la Mil Guías, puis rentre en France. Embarqué sur La Margot (17 mètres), il passe d'équipier à skipper. Quinze ans de navigation s'ensuivent.

En 2006, il accoste à Belle-Île-en-Mer. C'est l'amour qui le retient sur l'île. Il tente d'abord la céramique — l'expérience ne débouche pas, mais le geste créateur est lancé. Pour vivre, il construit des maisons en bois, puis fonde une entreprise de paysagisme. Le travail de la matière, du végétal et du minéral, devient son quotidien.

En 2024, sur le conseil d'une amie, il commence à sculpter. Le béton — divers sables, divers ciments — devient sa matière. Pyramides, obélisques, météores, magmas : il façonne des formes lumineuses, lisses ou crevassées, comme autant d'éruptions figées. Il photographie aussi, en noir et blanc, saisissant la lumière de l'île avec un œil aiguisé par quinze ans de regard porté sur l'horizon.

Franck Roux tenant une sculpture verticale en béton

L'atelier

L'atelier de Franck Roux est un espace de confrontation avec la matière. Pas de grande machine, mais des gestes répétés, des mélanges de sable et de ciment, des moules, des outils usés. Chaque sculpture naît d'une impulsion puis d'un long temps de prise, de séchage, de finition.

La photographie l'accompagne dans ce même rapport au minéral. Même regard posé sur une roche, une ombre, une trace. La caméra prolonge le geste de la main : saisir ce qui résiste, ce qui dure.

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Dans l'atelier de Franck Roux, la matière brute avant la forme

2 904 photographies

« Mon travail naît du rapport entre le minéral et la lumière. Je mélange des sables et des ciments que je trouve ici ou là, et je cherche un rendu pictural : une surface qui réfléchit, qui absorbe, qui vit selon l'heure du jour. »

— Franck Roux

Mosaïque de 300 photographies issues du corpus de Franck Roux

Le site comme matière

2 904 regards

Le site que vous parcourez est construit avec la même matière que les œuvres : des milliers de photographies, des fragments de lumière, des textures de béton et d'île. Chaque page puise dans ce corpus visuel. Le design n'est pas une enveloppe : il est un agrégat, comme le béton.

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